Fibromyalgie et douleurs chroniques : la culpabilité de dire non
Dire non, annuler une sortie ou refuser une invitation peut devenir une source de culpabilité lorsque l'on vit avec la fibromyalgie. Pourtant, se préserver est parfois indispensable.
Sandrine


la culpabilité de dire non
Pour beaucoup de personnes vivant avec la fibromyalgie ou des douleurs chroniques, dire non n'est jamais simple.
Refuser une invitation, annuler une sortie ou reporter un projet peut sembler anodin pour certains. Pourtant, derrière ces décisions se cache souvent une réalité bien différente.
Quand l'envie est là, mais que le corps ne suit plus
L'une des difficultés les plus douloureuses de la fibromyalgie est le décalage entre ce que l'on aimerait faire et ce que notre corps nous permet réellement de faire.
L'envie de voir ses proches, de sortir, de participer à une fête ou simplement de partager un moment agréable est souvent bien présente.
Mais la fatigue, les douleurs ou l'épuisement peuvent parfois rendre ces moments impossibles.
Ce n'est pas un manque d'envie.
Ce n'est pas un désintérêt.
C'est simplement une question de capacité.
La peur de décevoir
À force de devoir annuler ou refuser certaines activités, beaucoup de personnes développent un sentiment de culpabilité.
Elles ont peur de décevoir leurs proches.
Peur que l'on pense qu'elles exagèrent.
Peur d'être perçues comme peu fiables ou peu motivées.
Certaines finissent même par accepter des sorties alors qu'elles savent déjà qu'elles n'en ont pas l'énergie.
Le prix à payer après un effort
Ce que l'entourage ne voit pas toujours, c'est que derrière quelques heures passées à l'extérieur peuvent parfois se cacher plusieurs jours de récupération.
Une sortie, un repas de famille, une journée de courses ou un événement important peuvent demander une énergie considérable.
Et lorsque cette énergie est épuisée, le corps réclame du repos.
Beaucoup de personnes vivent alors avec ce calcul permanent :
"Est-ce que ce moment vaut les douleurs ou l'épuisement qui risquent de suivre ?"
Dire non pour se préserver
Avec le temps, certaines personnes apprennent à écouter davantage leurs limites.
Elles comprennent que dire non n'est pas un échec.
Ce n'est pas être égoïste.
Ce n'est pas manquer d'amour ou d'intérêt pour les autres.
C'est parfois simplement une manière de protéger sa santé et son équilibre.
Une culpabilité souvent injuste
La plupart des personnes atteintes de fibromyalgie ne refusent pas parce qu'elles n'en ont pas envie.
Au contraire.
Bien souvent, elles rêveraient de pouvoir participer à toutes les activités, de retrouver leur spontanéité et de ne plus avoir à réfléchir à leur niveau d'énergie avant chaque décision.
Cette culpabilité est donc souvent profondément injuste.
Apprendre à être plus doux avec soi-même
Vivre avec une maladie chronique demande déjà énormément d'adaptation au quotidien.
S'autoriser à dire non lorsque cela est nécessaire fait partie de cet apprentissage.
Respecter ses limites n'est pas un signe de faiblesse.
C'est une preuve d'écoute de soi.
Et parfois, le plus beau cadeau que l'on puisse se faire est d'accepter que l'on ne peut pas toujours être partout, tout faire ou répondre présent à chaque sollicitation.
Parce que prendre soin de soi n'est pas un renoncement.
C'est une nécessité.
