Douleurs chroniques : qu'est-ce qui déclenche les crises ?
Lorsque l'on vit avec la fibromyalgie ou des douleurs chroniques inflammatoires il arrive souvent qu'une crise survienne sans que l'on comprenne immédiatement pourquoi.
Sandrine


Fibromyalgie et douleurs chroniques : qu'est-ce qui déclenche les crises ?
Lorsque l'on vit avec la fibromyalgie, des douleurs chroniques, un Handicap invisible, il arrive souvent qu'une crise survienne sans que l'on comprenne immédiatement pourquoi.
Parfois, il suffit d'une sortie, d'une mauvaise nuit, d'une contrariété ou d'une journée un peu plus chargée que d'habitude pour que les douleurs augmentent brutalement et que la fatigue devienne écrasante.
Ces situations peuvent être frustrantes, car elles donnent l'impression que notre corps nous échappe.
Pourtant, les crises ne surviennent généralement pas par hasard.
Un système nerveux en état d'hypervigilance
Les spécialistes évoquent souvent une hypersensibilité du système nerveux chez les personnes atteintes de fibromyalgie, de douleurs chroniques.
En d'autres termes, le cerveau traite certaines informations différemment.
La douleur, le bruit, la lumière, les odeurs, le stress ou même le toucher peuvent être perçus avec une intensité plus importante.
Comme si le cerveau restait constamment en état d'alerte.
À force de devoir gérer toutes ces informations, il finit parfois par saturer.
La fatigue accumulée : l'ennemi silencieux
L'une des particularités de la fibromyalgie est que les conséquences d'un effort ne sont pas toujours immédiates.
Il est parfois possible de tenir toute une journée.
De faire ses courses.
De recevoir des proches.
De participer à une sortie.
Puis, quelques heures ou quelques jours plus tard, le corps présente l'addition.
Les douleurs augmentent.
L'épuisement s'installe.
Le brouillard mental devient plus présent.
C'est ce que beaucoup de personnes appellent le « contre-coup ».
La surcharge sensorielle
Pour certaines personnes, une crise peut être favorisée par :
les bruits importants ;
les lieux très fréquentés ;
les lumières agressives ;
certaines odeurs ;
les sollicitations permanentes.
Même si cela ne semble pas fatigant de l'extérieur, le cerveau travaille énormément pour traiter toutes ces informations.
Cette surcharge peut contribuer à épuiser davantage le système nerveux.
La colère : un déclencheur souvent sous-estimé
Parmi les facteurs qui reviennent fréquemment, la colère occupe une place particulière.
Lorsqu'une personne se met en colère, le corps entier réagit.
Les épaules se crispent.
Les mâchoires se serrent.
Les muscles se contractent.
La respiration devient plus rapide.
Le rythme cardiaque augmente.
Pour une personne qui vit déjà avec des douleurs musculaires diffuses, cette tension supplémentaire peut être considérable.
Sur le moment, l'adrénaline permet parfois de tenir.
Mais lorsque la pression retombe, le corps peut se retrouver complètement épuisé.
Les douleurs augmentent.
Les tensions musculaires deviennent plus importantes.
La fatigue s'installe brutalement.
Certaines personnes remarquent même qu'une dispute ou une forte contrariété peut déclencher plusieurs jours de crise.
Comme si le corps, déjà en difficulté, n'avait plus suffisamment de ressources pour récupérer.
Le stress et les émotions
La colère n'est pas la seule émotion concernée.
L'anxiété.
La tristesse.
Les inquiétudes.
Les conflits.
Les périodes émotionnellement difficiles.
Toutes ces situations sollicitent fortement le système nerveux.
Cela ne signifie pas que les symptômes sont « dans la tête ».
Les douleurs sont bien réelles.
Mais le cerveau et le corps étant étroitement liés, les émotions peuvent amplifier les symptômes déjà présents.
Le manque de sommeil
Le sommeil joue un rôle essentiel dans la récupération.
Or, de nombreuses personnes atteintes de fibromyalgie et de maladies chroniques inflammatoires et invalidantes souffrent d'un sommeil peu réparateur.
Une ou plusieurs mauvaises nuits peuvent suffire à augmenter :
la fatigue
les douleurs
le brouillard mental
l'irritabilité
Le corps se retrouve alors avec moins de ressources pour faire face aux sollicitations du quotidien.
Pourquoi le cerveau réagit-il ainsi ?
Les chercheurs parlent souvent de "sensibilisation centrale".
Pour simplifier, le système nerveux devient plus réactif.
Comme un détecteur de fumée devenu extrêmement sensible.
Il se déclenche plus rapidement et plus intensément que nécessaire.
Ce phénomène ne rend pas la douleur imaginaire.
Au contraire.
La douleur est réelle.
C'est simplement la façon dont le cerveau traite les signaux qui est différente.
Apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs
Avec le temps, certaines personnes apprennent à identifier les premiers signes annonciateurs d'une crise :
une fatigue inhabituelle
une augmentation des douleurs
un brouillard mental plus marqué
une hypersensibilité au bruit ou à la lumière
une irritabilité plus importante
Reconnaître ces signaux permet parfois de ralentir avant que le corps n'impose lui-même l'arrêt.
Vous n'êtes pas responsable de vos crises
L'une des choses les plus importantes à retenir est que les crises ne sont ni un manque de volonté, ni une faiblesse.
Elles traduisent souvent un système nerveux qui fonctionne différemment et qui a besoin de davantage de récupération.
Apprendre à écouter son corps, respecter ses limites et prendre soin de soi n'est pas abandonner.
C'est au contraire une façon de préserver son équilibre et son bien-être au quotidien.
